Bouton par Pistache

Bouton

Il n’y a rien de plus anodin que de perdre un bouton. Le matin quand tu t’habilles, plus il y a de boutons sur tes vêtements, plus tu as de chance d’en perdre un au cours de ta journée. Si tu choisis de porter une chemise, c’est déjà huit boutons d’un coup, six sur le devant et un à chaque poignet.

Avec ton pantalon, à moins de porter un jogging, tu as à coup sûr un bouton à la ceinture et pourquoi pas un sur chaque poche arrière. Comme vêtement pour sortir, si tu mets un pull ou un Kway, tout va bien, si tu préfères un pardessus, ça se complique. Il faut compter cinq à sept boutons et te voilà parti en compagnie de seize boutons environ. Quand ton corps est en action, les boutons prennent discrètement vie. Au lever du jour, ils aiment respirer la fraîcheur du matin.

Vers midi, ils se nourrissent de l’énergie solaire pour pousser en chœur. Fatigué par une forte pression, sur le coup des seize heures, le plus déluré risque de lâcher ses fils pour tomber à tes pieds, sans être vu. Et le soir, tu crois rentrer au complet, alors que c’est délesté d’un bouton que tu franchis le seuil de ta porte. Peu importe où tu as perdu le bouton que ce soit dans les transports, au restaurant, au bureau ou dans la rue le résultat est là : il te manque un bouton. En ce début de soirée tu peux te réjouir, tu as juste perdu un bouton, quelle chance !

Ecrit par PISTACHE (participe aux ateliers d’écriture Corps-texte et Capharnaüm poétique)

 

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