CAMY

CAMY, Léa Cuénin

CAMY illustration

Quatre dents à l’avant de sa mâchoire supérieure sont plus longues que les autres et taillées en biseau, elles rentrent vers l’intérieur de sa mâchoire et l’empêchent de se fermer convenablement, ce qui laisse apercevoir deux canines pointues.

En fait, Camille préfère qu’on l’appelle Camy. « Camille » ça lui rappelle trop « Camomille », le surnom qu’on lui donnait pour souligner son apparente torpeur. Quand on voit Beatrix et Camy, on se dit que les chiens font bien des chats : Camy a toujours l’air de planer, pourtant c’est le cœur d’un volcan qui bout dans poitrine, et ne demande qu’à exploser.

CAMY , Picasso

Camy a du mal à mener les choses à leur terme. Achever un projet, s’engager dans une relation sérieuse, quitter quelqu’un, finir un flacon de shampoing sont des actions qui l’angoissent par leur caractère définitif ; les laisser en suspens lui permet de cultiver un champ des possibles étendu. Alors les tasses à café entamées s’entassent sur sa table basse, son bureau, et à côté de son lit, jusqu’à ce que ça devienne nécessaire de tout ramasser, laver, sécher et repartir à zéro.

Achever un projet, s’engager dans une relation sérieuse, quitter quelqu’un, finir un flacon de shampoing sont des actions qui l’angoissent par leur caractère définitif ; les laisser en suspens lui permet de cultiver un champ des possibles étendu

Pour se prouver qu’il lui était possible de prendre une décision irrémédiable, Camy s’est fait tatouer sur les côtes.


AUTEURE : Léa Cuénin

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