Création de Véronique Théau

Création de Véronique Théau 

Tout au long de l’escalator qui n’en finit pas de monter, mes yeux regardent. Sur la gauche, mon regard capte un instantané à l’allure parfaite d’un théâtre d’ombres chinoises. Fébrilement, craignant de voir disparaître ce bel insolite, mes mains saisissent au fond de mon sac, mon iPhone. Clic, c’est dans la boîte.

Mon ascension continue, le regard happé à droite par la dame de fer qui vient de s’illuminer parmi deux girafes, qui ne sont autres que des grues, égarées dans ce paysage éphémèrement  féérique. Passé ce spectacle de fête, toujours perchée sur l’escalator, je me retourne pour ne pas quitter des yeux le mystère de ces ombres à la queue leu leu, inanimées, projetées sur la façade vitrée et éblouissante des lieux.

Et puis, d’un mouvement lent, la guirlande de papier s’anime. Les silhouettes s’avancent sous les projecteurs, selon une chorégraphie lente et  rythmée. De quoi s’agit-il donc ? D’un spectacle ? D’une performance ? Je m’interroge. C’est si beau.

Fin du premier voyage en altitude, j’arrive au sommet de l’escalator et suis la flèche qui m’indique l’entrée. J’ouvre mon sac pour la sécurité, et je rejoins mon théâtre d’ombres et de lumières. Je me place derrière la file d’attente pour une immersion dans l’exposition David Hockney au Centre Pompidou. Une heure d’attente. Et moi, qui regarde les ombres qui gravissent l’escalator.

Véronique Théau (participante à l’atelier régulier Corps-texte)Sans titre

Photo Véronique Théau – Mon théâtre d’ombres et de lumières – 19 octobre 2017

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