Délit de Jean Alémane

Délit de Jean Alémane

Ils s’aimaient tant. Ils étaient deux ils n’étaient qu’un. Elle était condamnée, avaient dit les médecins. 3 jours tout au plus. Leurs 3 derniers jours. Et aujourd’hui était le dernier. Ses fonctions vitales avaient encore décliné dans la nuit. Il ne restait plus de temps et Jacques avait pris sa décision : ils ne se quitteraient pas.

Il prépara un thé qu’il leur servit dans le salon, au coin de la cheminée, comme à la belle époque, quand ils rentraient de la plage en fin d’après-midi. Elle était toute recroquevillée, comme endormie sous les couvertures et il vint se blottir contre elle.

Parfois, on n’entend pas les mots prononcés autour de soi, mais la chaleur d’un corps qui se presse on la ressent toujours.

La petite fiole n’était pas loin, bien en vue sur la table basse. Deux gouttes dans le thé suffiraient. Les tasses étaient là, à côté. Elle bougea vaguement contre lui et il décida qu’il pouvait encore attendre un peu. Le contact de la peau contre la peau, la douceur, le réconfort, la chaleur qui se transmet d’un être à un autre, le sentiment d’infinie bénédiction lors de l’étreinte : il voudrait les retenir jusqu’au dernier moment.

Jean Alémane – Lab’d’écrivain & atelier à la carte

 

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