Ecrire au musée du Louvre

Ecrire au musée du Louvre

Ateliers d’écriture au musée du Louvre

Le Musée du Louvre nous a confié l'animation de plusieurs ateliers d'écriture en lien avec l'exposition Giorgio Vasari. Lors des jeux proposés au cabinet des estampes le week-end, les visiteurs se sont improvisés auteurs et certains ont accepté de partager leurs textes ! Réflexions, notes, impressions, émotions, fantaisie, humour, sens du suspense et imagination ont prolongé l'expérience de la visite de l'exposition.

Pioche

Parmi les jeux d’écriture piochés par les visiteurs, il y a : 

« Vous connaissez ma méthode. Elle est basée sur l’observation des riens. » – Sherlock Holmes  Présentez une liste de riens présents dans l’exposition [Exemples : courant d’air, interrupteur, écharpe autour d’un cou, regard mélancolique, signature sur un dessin…].                                              Pour chaque rien, indiquez le rôle qu’il pourrait jouer dans une enquête policière (pour ceux qui n’aiment pas le sang, ça peut être un délit, un petit mensonge, une petite lâcheté dissimulée…)

ou : 

Ecrivez une lettre de motivation pour postuler à un poste de modèle de portrait. Adressez-la à un artiste représenté dans l’exposition, de préférence. Vous présenterez à quel point vos compétences et particularités coïncident avec l’univers de l’artiste.

ou encore :

Entrez dans un dessin et emmenez-nous avec vous. Racontez la technique pour y entrer, les découvertes qu’on y fait et le moyen d’en sortir, s’il existe…

et aussi :

Racontez la vie de A à Z de la feuille d’un dessin présenté dans l’exposition : de sa construction à ses multiples usages.

La vie d’une feuille a donc été illustrée, sur l’un des carnets offerts par le Louvre, ainsi :

Spirale

Pour entrer dans le dessin, il faut ouvrir son esprit à nos propres émotions, accepter la tristesse et la mélancolie qui ont une part dans chacune de nos vies.

Ce dessin nous apprend à nous recentrer sur nous-même, à exprimer nos émotions.

Nous y seront toujours confrontés de par nos expériences de vie.

Cette oeuvre nous rappelle, à travers la spirale des couleurs utilisées, que la vie est faite de hauts et de bas.

–– Soline & Manon

Recherche peintre qualifié

Le personnage central, qui est une femme avec le drapeau, se plaint d’être dessinée les seins en l’air, et de cette guerre !

Pour cela, elle va faire une manifestation dans le Louvre bloquant tout accès.

Elle et ses compagnons du tableau voudraient être re-dessinés d’une autre façon. Si cela ne se produisait pas, ils déchireraient les autres tableaux et casseraient les statues et biens précieux du musée.

Comme il faut absolument éviter cela, les employés du Louvre vont devoir effectuer une grande recherche parmi le personnel, les touristes, les autres musées… et trouver un peintre qualifié qui repeindra le tableau.

— Léane

Enquête à rebours

Le reflet

Il est en plein milieu de la vitrine ; il est très, trop fort. Il forme un cercle éclatant de plusieurs dizaines de centimètres de diamètre.

Il est si présent qu’on en oublie le vide, le vide juste derrière.

La miniature disparue, celle de la femme dans son cadre d’or sur fond bleu.

Le mal de pied

Ca frotte, ça brûle, ça pique, aïe. Il a mal au pied et pourtant, il doit se presser.

Il a exploré le musée de long en large avant de commettre son méfait. Il a tellement marché qu’il souffre, qu’il boite et voilà maintenant que l’agent de surveillance l’a remarqué.

Va-t-il réussir le vol qu’il a tant préparé ?

La digestion

Ce midi il a vraiment bien mangé avec ses collègues. Ils avaient prévu un restaurant depuis si longtemps. Une choucroute en plein mois de mai – c’est hors saison – mais peu importe… le prix, c’est la digestion !

Retour en salle – Expo Vasari – pas beaucoup de monde. La digestion – qui commence lentement – et avec elle, le sommeil… les paupières lourdes, trop lourdes. Encore deux minutes.

Puis un pas, un pas chargé, un pas qui clopine, un pas qui réveille.

— Mathilde

L’art de poser

L’art de poser, transmettre les émotions de manière physique. Pour que l’artiste s’inspire au mieux du poseur afin de donner vie à son dessin.

La beauté en elle-même est subjective, la réelle beauté réside dans l’émotion.

L’art existe pour faire réagir et non pour plaire.

Etant capable de représenter chaque état d’âme.

— Léa

 

Affaire Sherlock au Louvre

« Mon cher Watson, vous connaissez ma méthode. Elle est basée sur l’observation des riens.’

Dans ce crime, tout pousse à accuser le gardien de l’immeuble de notre victime, Mme Chavigné. Il est vrai que l’apparence de Madame devait en dire long sur la fortune de sa famille, mais ce crime n’est pas aussi matériel. La victime était avant tout une grande amatrice d’art, elle n’aurait jamais exposé au hasard une oeuvre chez elle.

Ce tableau, Watson, présente d’étranges reflets. Ce n’est pas tout à fait la peinture qui aurait mal vieilli ou le vernis qui aurait trop pris le soleil. Non. C’est l’éclairage qui ne met que très mal en valeur cette oeuvre plutôt sombre.

Mme de Chavigné ne l’aurait jamais placée ici. En face de la fenêtre, exposée à la poussière des Tuileries dès qu’on voudrait rafraîchir les salons ? Jamais non plus. D’ailleurs, on peut voir que le sable a déjà commencé à envahir les recoins de ce cadre très travaillé, le temps que je vous explique tout cela. »

Sherlock décala légèrement le tableau du bout de ses doigts gantés. On pouvait maintenant clairement distinguer sur la tapisserie jaunie qu’il y avait un autre objet accroché sur le mur auparavant.

Watson s’écria : « Ovale ! Ce devait être un miroir. »

Holmes sourit, de ce sourire prétentieux que beaucoup lui reprochent.

« Et oui, Watson, notre victime a dû voir venir son assassin, sans en être affolée. Ce ne peut donc pas être le nouveau gardien, qu’elle n’appréciait guère et qui ne cachait pas très bien qu’il avait des vues sur ses bijoux ; elle savait très bien cela. 

Filons vite à l’Hôtel de la Marine ! » 

— Anna

LA rencontre

Ici, je note aujourd’hui mes premiers mots, mes premières émotions, les premières sensations de notre rencontre.

Une rencontre avec une oeuvre, c’est comme une rencontre amoureuse. Elle nous saisit, nous émeut, nous bouleverse…

— Catherine

Liste de riens ; carnet d’enquêteur

1- Crayon tenu dans la main droite de Laurent Cors.

> Il pourrait être l’arme du crime.

2- Le portable du vigile.

> Il a enregistré toute la scène.

3- Un parfum, un effluve féminin présent juste après la découverte du cadavre.

> Une femme est responsable, témoin

Des empreintes sur la tablette signent l’identité du meurtrier attendant patiemment que la pièce se vide pour commettre son forfait.

— Christine

Une chaise, un chat, une canne.

Une boucle d’oreille volée.

Les lacets de la victime.

La cravate du vigile.

Le stylo de l’enquêteur.

— Rose

Les traits d’un dessin ont une forme, un rythme, une force…Pensez à un dessin de « Giorgio Vasari, Livre des dessins. Destinées d’une collection mythique » et montrez-le nous avec quelques mots

Sofonisba ANGUISSOLA (1531-32 – 1625) Jeune fille se riant d’un enfant mordu par une écrevisse vers 1554
Pierre noire

En 1554, Anguissola nous offre une scène d’enfants loin des représentations habituelles de l’enfance.

Une petite fille regarde en souriant un très jeune garçon qui vient de se faire mordre. Il pleure sous l’effet de la douleur, peut-être encore plus de la surprise du pincement ou de la moquerie de sa supposée sœur.La fille a posé sa main sur l’épaule du garçon dans une attitude protectrice alors que, visiblement, elle tient de l’autre, l’écrevisse à l’origine des pleurs.
Sofonisba Anguissola, Jeune fille se riant d’un enfant mordu par une écrevisse, Naples Museo e Real Bosco di Capodimonte © Photo SCALA Florence, Dist- RMN-Grand Palais, image Scala

Au-delà de la scène, quel message Anguissola veut nous communiquer ?

L’angélisme de l’enfance n’existe pas ? La méchanceté existe déjà chez des petits ? Ou encore la jalousie d’une aînée vis-à-vis de son petit frère ?

Plus universellement, la difficulté de la vie et son apprentissage douloureux pour un petit homme ?

Enfin, peut-être, l’intention du dessinateur réside dans un exercice, courant au XVIIe siècle, d’étude de caractères ? Ici, la bienveillance moqueuse de la petite fille, la douleur associée à la peur chez le jeune garçon.

Liberté au spectateur de trouver sa propre interprétation.

— Colette


Participer aux ateliers d'écriture du Louvre ? Renseignements ICI.

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