Ellipse

Ellipse [Structure du récit]

Voici un texte réalisé lors de l’atelier Fictions & Variations de Lucie Rico dont le thème était la structure du récit. Les participants ont travaillé l’ellipse.

Je me tournai vers la gare, fis un pas en avant quand une voix familière m’appela.

Oh non… Pas lui… Grand sourire benêt, des yeux perçants qui mettent bien mal à l’aise, une dégaine improbable… Non c’était bien lui. Hugh, un ancien camarade de classe. Quelle poisse ! Moi qui pensais être dans un bon jour. Mais non. Il faut croire qu’on cherche vraiment à me nuire.

« Hey Ophélie ! »
Il arrivait vers moi, faisant de grands gestes inutiles.

« Tu marches vite dans cette belle petite jupe dis-donc ! »

Je ne lui répondis rien. Les poings et les dents serrés, j’attendais qu’il me dise ce qu’il me voulait. Très vite, je compris qu’il n’avait aucune information à me transmettre, qu’il était simplement en train de me rappeler qu’il existait toujours, à mon grand désespoir.

« Bon, écoute Hugh. » le coupai-je alors qu’il étant lancé dans un monologue interminable sur ce qu’il devenait.

« Je ne t’aime pas. Mais genre, pas du tout. J’aimerais que tu arrêtes de venir me voir lorsque tu m’aperçois. Je ne te supportais déjà pas avant. Maintenant que je sais ce que ça fait de ne plus te voir tous les jours, te croiser m’est insupportable. »

Il fit une pause dans son récit et risqua alors :

« Hahaha ! Toujours aussi rigolote, toi ! »

Ellipse - tuyaux

« Mais, enfin ma p’tite dame, cela fait deux fois que l’on se voit en deux mois ! Qu’avez-vous donc fait à ce pauvre poignet cette fois-ci ? Seriez-vous devenue cascadeuse ? »

Le médecin regardait des radios que j’avais passées quelques heures plus tôt.

« Non non. J’ai juste ressenti le besoin urgent de me soulager d’une certaine tension. Elle s’est abattu sur le visage de quelqu’un… me blessant alors le poignet. Alors ? C’est cassé ?
– Ah, jeu de main jeu de vilain à c’qu’on dit. Cette fois-ci, madame, oui. Votre poignet est fracturé. »

La douleur ne gâchait pas la satisfaction que je ressentais alors. Je savais que cette fois, le message était passé. Hugh ne m’importunera plus, ou alors avec des dents en moins.

– Audrey P.

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