Haydée

Haydée-Berlin automne

C’est septembre.

Doucement, sur la pointe des pieds, petit pas par petit pas, Paris redevient elle.

Haydée ne marche pas, elle flotte. Elle flotte, comme une ombre de carton découpée sur fond blanc. Abstraite et absorbée. À l’affût des impressions. Toute à la fois lointaine et imbibée, absente et pleine.

Il plane sur le quai, une odeur de jour de l’an. Une odeur de sueur de bière, d’homme titubant, hagard, et de son amie l’arrogance. Haydée sent l’énergie de violence comme on hume l’air. Elle frissonne et fronce le nez. D’un coup, elle semble plus petite.

Qui a fait croire aux femmes que plus elles sont invisibles plus elles sont protégées. Le métro s’arrête, un costume 3 pièces maigre, hostilement planqué sous paire de lunettes noires, balance son cartable sur les vitres et les fait trembler.

« C’est la pleine lune qui transforme les hommes en loups », pense Haydée, « faisant ressortir la frustration violente d’un retour au mensonge ».   Cette odeur, c’est celle de la sauvagerie des hommes qui l’effraient. Celle de Jules, qui s’écroulera ce soir, sur elle ou à côté.

Bérénice

► Ecrits issus de l’atelier à la carte Café stylo (jeudi 15h-18h) 
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