MEURTRE NOCTURNE, CITE DE LA PLEINE LUNE, SARCELLES

MEURTRE NOCTURNE, CITE DE LA PLEINE LUNE, SARCELLES, Agnès H.

MEURTRE NOCTURNE - illustration

La cage d’escalier aux lueurs bleues, rez-de-chaussée gauche, poulet grillé quelques senteurs de grillé, rez-de-chaussée droit, odeurs de poisson fumé.

Au 1er étage : Essoufflement, le parquet craque, un homme court, une masse tombe au sol, un cri retentit dans l’immeuble jusqu’au 3e étage, une femme sursaute, un matelas grince. Puis le silence.

Les matelas ont cessé de grincer, l’homme a cessé de crier.

Premières lueurs du jour, l’odeur d’humidité se dégage des murs du 3e étage. Une fissure, le bruit de craquèlement de la peinture sous la pression des doigts effilés de l’homme qui descend une marche qui craque, une deuxième qui craque.

Silence.

Les matelas ont cessé de grincer, l’homme a cessé de crier.

Ronronnement, ronflements, souffle, la pluie claque sur le sol, sur les vitres…. qui vibrent.

Guitare électrique grattée, secouée, le son s’élève, explose , descend.

Le murmure du vent.

Une cité : Sarcelles ou peut être Saint-Petersbourg ?

MEURTRE NOCTURNE - immeuble

La cage d’escalier inondée par la lumière blanche éclaire son visage livide. Un filet rouge coule le long de son menton, ce sang qui ne lui appartient pas.

Une cité : Sarcelles ou peut être Saint-Petersbourg ? 

Les cages d’escaliers où les ombres projetées créent un théâtre d’ombres et de lumières bleutées, les corps imaginaires vacillent.

L’homme se penche, dévale l’escalier à pas de velours, homme-panthère une nuit de pleine lune jète un œil furtif aux portes fermées dont la peinture écaillée, jaune d’oeuf, n’est apparente qu’au rares endroits qui ont échappé aux frottements des mains, des pieds, des coups.

A la dernière marche l’homme s’écroule sur le béton armé du sol glacé, un ruisseau rouge se forme autour de son visage illuminé par la pleine lune.

Ses cheveux bruns brillent dans l’obscurité, seul scintillement sous les rayons de la lune rousse…


AUTEURE : Agnès H.

Agnès H. prépare un projet littéraire sur une famille, comprenant trois soeurs, faisant face à un drame. Son roman est en création et lors d’un atelier d’écriture thématique autour de la nuit, elle a exploré d’autres zones narratives telles qu’elle les aime : sanglantes et pleines de suspense. Dans ce bref récit, Agnès crée deux séquences comme on les découperait au cinéma. La première séquence joue sur le hors champ. Le lecteur découvre une façade masquant l’intérieur. Mais les sons nous permettent de reconstituer des situations, dont un meurtre a priori. La seconde séquence ressemblerait à un plan-séquence accompagnant le personnage (meurtrier ?) avec un steadicam fluide. D’un point de vue stylistique, Agnès a composé ses phrases en sélectionnant des mots aux effets sonores (presque des onomatopées) qui se répondent, se superposent et renforcent l’ambiance sonore du texte. On trouve des allitérations (répétitions de consonnes) et des consonances (répétitions de voyelles). Agnès donne différentes dimensions au texte en modifiant le point de vue, maintenant ainsi l’attention du lecteur !

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