Mireille Havet, auteure méconnue (ou inconnue)

Mireille Havet, auteure méconnue (ou inconnue)

Connaissez-vous Mireille Havet ?

Peut-être avez-vous déjà croisé la plaque de la place du 11e…

Mais avez-vous lu Mireille Havet ?

C’est l’auteure d’un seul roman « Carnaval » (1922), salué par Jean Cocteau notamment. Ce sont les journaux qui touchent vraiment. On ne peut pas parler de Mireille Havet sans évoquer Claire Paulhan, l’éditrice, qui ressuscite une œuvre presque secrète, car perdue pendant de longues années. Depuis 2003, ses journaux sont publiés par cette maison d’édition.

Morte à l’âge de 33 ans (tuberculose et toxicomanie), ce n’est que dans les années 1990, par hasard, que la petite-fille de Ludmila Savitzky, amie à qui Mireille Havet avait confié tous ses écrits, découvre ses journaux dans un grenier. Mireille Havet, amoureuse passionnée, parle de la Première Guerre mondiale, des femmes, et partage ses états d’âme (sa difficulté d’être au monde). Le fait qu’elle ait été ouvertement homosexuelle est anecdotique, cela ne fait que renforcer la complexité des rapports humains dans sa vie. On retiendra son regard contemplatif et poétique posé sur la brutalité de l’existence qu’elle aimait trop pour être en paix.

* Journal 1918-1919 : « Le monde entier vous tire par le milieu du ventre. »

* Journal 1919-1924 : « Aller droit à l’enfer, par le chemin même qui le fait oublier. »

* Journal 1924-1927 : « C’était l’enfer et ses flammes et ses entailles. »

* Journal 1927-1928 : « Héroïne, cocaïne ! La nuit s’avance. »

* Carnaval

« Par amour de l’aventure, de l’ombre qui masque et de l’équivoque, j’ai préféré le Mardi-gras où l’on pleure sous masque, tous les jours, et me voilà grimée pour la vie en pantin que rien ne casse, en fantoche de bois. » – Journal 1918-1919 : Le monde entier vous tire par le milieu du ventre de Mireille Havet

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