Mythe de Miss Sayre

C’était un enfer, un véritable enfer. En quelques minutes, le feu s’était développé et avait embrasé une partie de la forêt. Les enfants restaient là, debout, pétrifiés.  Qu’avaient-ils fait ? Ils avaient voulu jouer avec la boîte d’allumettes trouvée plus tôt dans l’après-midi au détour d’un chemin, malgré l’interdiction formelle de leurs parents d’allumer un feu en leur absence.

Théo regarde autour de lui. Il a du feu à droite et du feu à gauche. Que faire ? S’enfuir ? Trouver une cachette ? Heureusement, Théo se souvient de la recommandation de sa mère. « S’il y le feu ou même seulement de la fumée, allonge-toi par terre. Il y a de l’air sur le sol et tu pourras ramper. » Il attrape sa petite sœur par les épaules. « Baisse-toi, baisse-toi vite ! » Ils s’allongent tous les deux. Théo cherche des yeux aux alentours pour voir s’ils peuvent ramper quelque part ou trouver un abri. Quand il relève la tête, la fumée lui brûle les narines, alors il plonge le nez dans le sol, hume la terre et tente d’extraire l’oxygène de l’herbe. Il respire un grand coup jusqu’à sentir l’air gonfler ses poumons et son ventre. Alors seulement il jette de nouveau un coup d’œil. 

Il réalise qu’à quelques mètres d’eux se trouve un arbre particulièrement imposant, avec de la mousse, comme fraîche. Il ne l’avait pas remarqué avant. L’arbre n’a pas pris feu. On dirait même qu’il suinte comme si des gouttelettes d’eau perlaient de son écorce. Et là, Théo n’en croit pas ses yeux mais il a l’impression que l’arbre se met à bouger. A étendre ses branches vers sa sœur et lui. Et soudain, il sent une goutte d’eau tomber sur son front.

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