Concours d’écriture : Ecrire un monologue [20 janvier]

Nouveau Théâtre de Montreuil - cléopatre

Le Nouveau Théâtre de Montreuil organise un Concours d’écriture

Il invite, notamment, les participants Rémanence des mots à proposer leurs écrits !

Contexte du concours

Ce concours d’écriture est créé en lien avec le spectacle Cléopâtre in love de Christophe Fiat et Judith Henry du 30 janvier au 22 février 2019. Christophe Fiat propose donc d’écrire un monologue en suivant le même dispositif que lui : Sélectionner un personnage féminin historique et lui donner la parole dans un monologue de théâtre.

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Participer au concours d’écriture : Mode d’emploi

Sujet : « Le temps d’un monologue, vous devenez une héroïne historique. Racontez votre épopée »

Format : Un monologue, 1 page A4 recto-version maximum.Date limite de remise des textes : 20 janvier 2019

Contact : Envoyer à julie.krug@nouveau-theatre-montreuil.com 

Prix : Mise en voix théâtralisée de leur texte au Rêv Café mercredi 6 février à 18 h 30 et Bibliothèque Robert Desnos le vendredi 8 février à 18 h 45

Prix du Jury : gagnent en plus un Pass 3 spectacles saison 2018/2019 Prix Coup de coeur de Christophe Fiat 2 place pour le spectacle de leur choix saison 2018/2019

Infos pratiques

Tous les participants profitent de deux invitations chacun pour le spectacle Cléopâtre in love sur l’une des dates suivantes : mercredi 30 janvier, jeudi 31 janvier, vendredi 1er février.

Pistes d’écriture Rémanence

Plusieurs auteurs ont travaillé à partir d’éléments réels de la vie de personnages connus pour créer des oeuvres de fiction (plus ou moins proches du réel). 

1. Quelques exemples :

  • Jean Echenoz – Ravel, Des Eclairs (Tesla), Courir (Zatopek)
  • Stefan Zweig – Nietzsche, Marie-Antoinette
  • Michel Schneider – Marilyn, dernières séances
  • Mathias Enard – Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants (Michel-Ange)
  • Marie Berne – Le Grand Amour de la pieuvre (Jean Painlevé vu par sa pieuvre)

Des extraits

Ce nom de Zatopek qui n’était rien, qui n’était rien qu’un drôle de nom, se met à claquer universellement en trois syllabes mobiles et mécaniques, valse impitoyable à trois temps, bruit de galop, vrombissement de turbine, cliquetis de bielles ou de soupape scandé par le k final, précédé par le z initial qui va déjà très vite : on fait zzz et ça va tout de suite vite, comme si cette consonne était un starter. Sans compter que cette machine est lubrifiée par un prénom fluide : la burette d’huile Émile est fournie avec le moteur Zatopek.
— Jean Echenoz, Courir

Innombrables sont les cris de souffrance de ce corps martyrisé. C’est un tableau à cent entrées de tous les maux physiques, portant en conclusion ce terrible résultat : « A tous les âges de la vie, l’excès de la douleur a été chez moi monstrueux. » Effectivement aucun martyre diabolique ne manque dans cet effrayant pandémonium de la maladie : maux de tête, des maux de tête martelants et étourdissants, qui pendant des journées étendent stupidement sur un divan ou sur un livre ce pauvre être en délire ; crampes d’estomac avec vomissements de sang, migraines, fièvre, manque d’appétit, abattement, hémorroïdes, embarras intestinaux, frissons de fièvres, sueurs nocturnes — c’est un effroyable cercle vicieux.
— Stefan Zweig, Nietzsche

Marie-Antoinette s’imagine que le monde entier est content et sans souci parce qu’elle-même est heureuse et insouciante. Mais tout en croyant, dans sa candeur, narguer la cour et se rendre populaire à Paris par ses folies, elle passe en réalité dans son luxueux carrosse à ressorts, pendant vingt années, devant le vrai peuple et le vrai Paris, sans jamais les voir. — Stefan Zweig, Marie-Antoinette

Il grimpe l’escalier de sa petite maison compliquée : côté jardin c’est trois étages mais de l’extérieur on n’en voit qu’un. Au troisième, qui est donc de plain-pied avec la rue, il examine celle-ci par une fenêtre du couloir pour estimer le nombre d’épaisseurs couvrant les passants, histoire de se faire une idée de ce qu’il doit se mettre. Mais il est bien trop tôt pour Montfort-l’Amaury, il n’y a rien ni personne qu’une petite Peugeot 201 toute grise et plus très jeune, déjà garée devant chez lui avec Hélène à l’intérieur. Il n’y a rien d’autre au monde à voir, le ciel couvert contient un soleil pâle.
— Jean Echenoz, Ravel

JE SUIS SOUS L’EAU, comme à mon habitude. Je suis bleue. Sons étouffés, mouvements ralentis, onde claire, à l’abri des remous des vagues. Quelques touches d’algues pour parfaire le tableau. Je me trouve non pas au centre du cadre, mais un peu en retrait, sur la gauche. Immobile. 
(…)
Depuis quelques jours, une silhouette vient faire de l’ombre au décor. (…) La main qui plonge à notre rencontre appartient à un garçon de neuf ans. 
— Marie Berne, Le Grand amour de la pieuvre

2. Mode d’emploi de création

Des femmes historiques qui pourraient vous inspirer :

  • Olympe de Gouges
  • Coco Chanel
  • Anne frank
  • Emily Davison
  • Mère Teresa
  • Amelia Earhart
  • Rosa Parks
  • Indira Gandhi
  • Marie Curie
  • Junko Tabei
  • Kay Cottee
  • Amelia Boynton Robinson

Se documenter sur les grandes lignes pour avoir une matière qui déclenchera la fiction.

3. Qu’est-ce qu’un monologue ?

Le monologue peut être adressé à un auditoire réel ou imaginaire. Il peut également s’imposer dans un dialogue, laissant l’interlocuteur muet. Le monologue intérieur relève du psycho-récit dans le roman met en scène les pensées des personnages. Les textes sont alors plus introspectifs et intimes. Ils peuvent aussi nous faire plonger dans un esprit obsessionnel. 

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4.Les différents modes d’expression du monologue

Le Journal intime :
Face à la cheminée, le téléphone, il est à côté de moi. A droite, la porte du salon et le couloir. Au fond du couloir, la porte d’entrée. Il pourrait revenir directement, il sonnerait à la porte d’entrée : « Qui est là. – C’est moi. » Il pourrait également téléphoner dès son arrivée dans un centre de transit : « Je suis revenu, je suis à l’hôtel Lutetia pour les formalités. » – La Douleur, Marguerite Duras

Le monologue « extérieur » (Dialogue avec interlocuteur muet ou auditoire) :
Maintenant, messieurs, je veux vous raconter, que cela vous plaise ou non, pourquoi je n’ai même pas pu devenir un insecte. Je vous le dis avec solennité : j’ai voulu devenir un insecte à différentes reprises. Et même là, je n’ai pas eu l’honneur. Je vous assure messieurs, avoir une conscience trop développée, c’est une maladie dans le plein sens du terme. La vie quotidienne ne se contenterait que trop d’une conscience normale, c’est-à-dire d’une conscience inférieure de moitié ou des trois quarts à celle qui est le lot de l’homme évolué de notre infortuné XIXe siècle […] – Les Carnets du sous-sol, Dostoïevski

Le flux de conscience : Flux continuel de pensées et de sensations dans l’esprit humain.
Une assez belle sortie. J’espère qu’ils ne me croient pas jalouse… Je jurerais qu’ils ont une liaison, cousin Paul et Cissy Mohr. Rien au monde ne m’indiffère davantage… Je me retourne et leur adresse un signe de la main et un sourire. Ai-je l’air de faire du genre maintenant ?… Dieu, ça y est ils jouent. En fait, je joue mieux que Cissy Mohr ; et Paul non plus n’est pas vraiment un matador. Il a une belle allure pourtant… avec son col ouvert et sa tête de méchant garçon. Si seulement il était moins affecté. 
Mademoiselle Else, Arthur Shnitzler [Auteur autrichien du début du XXe s., notamment de La Nouvelle rêvée, adaptée par Kubrick pour Eyes Wide Shut, au cinéma.]

Nouveau Théâtre de Montreuil  - Galica

Voici qu’elle traverse le champ avec un balancement nonchalant de tout le corps, pour nous tromper. Elle arrive dans un creux ; elle se croit invisible ; elle commence à courir, tenant devant elle ses poings fermés.
[…]
Puis je vais au placard et je prends les sacs humides pleins de raisins de Corinthe. Je soulève le lourd sac de farine et le dépose sur la table de la cuisine bien propre, bien raclée. Je pétris la pâte, je la presse, je l’étends ; je plonge mes mains dans son épaisseur tiède. Je laisse l’eau froide du robinet couler entre mes doigts, en éventail. Le feu ronfle ; les mouches tournent en cercle. 
[…]
Mais voyons les choses de plus près… Une goutte s’écoule ; une nouvelle étape est franchie. A quoi mènent ces étapes ? Où aboutissent-elles ? Et comment conclure ? Car ces moments successifs de notre vie sont revêtus de vêtements solennels.
Les vagues, Virginia Woolf [Ce roman est composé d’une succession de monologues intérieurs entre lesquels s’intercalent des descriptions de la nature. Les personnages apparaissent et disparaissent comme dans des tableaux impressionnistes ; ils évoquent le va-et-vient de la mer.]

Ces extraits sont des exemples et non des modèles. Ils permettent d’avoir une idée de ce qui est envisageable.

5. Conseils d’écriture Rémanence :

  • Mêler actions/anecdotes avec descriptions et réflexions (alterner)
  • Faites des phrases fluides à la lecture (quitte à vous lire à haute voix)
  • Utilisez des figures et des effets propres à l’oral

Ateliers d’écriture créative : Ecrire un monologue

Pour vous permettre de préparer le concours Rémanence des mots propose d’embrasser le sujet et offrir des pistes de travail :
Lundi 14 janvierFictions & Variations (avec Mathilde) de 19 h à 21 h
Mardi 15 janvier Ecritures de soi (avec Mathilde) de 19 h à 21 h
Prix : 30 € la séance, 150 € les 5 séances, 270 € les 10 séances
Renseignements & inscriptions :
Théo & Mathilde 06 59 73 38 36 / info@remanencedesmots.fr

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