« Points de non-retour » au Théâtre de la Colline

« Points de non-retour » écrit et mis en scène par Alexandra Badea au Théâtre de la Colline – Une sortie Rémanence des mots !

Alexandra Badea et la langue française

Alexandra Badea née roumaine vit en France depuis 2003. Elle écrit uniquement en langue française. En 2014, elle décide d’obtenir la naturalisation. « Naturalisation » un mot qu’elle n’aime pas. Un mot sur lequel elle s’est attardée, réalisant que ses synonymes étaient « assimilation », « digestion », « ingurgitation ». Quand on embrasse une langue, on charrie, avec elle, sa culture. Lors de la cérémonie de naturalisation, il a été dit :

« À partir de ce moment vous devez assumer l’histoire de ce pays avec ses moments de grandeur et ses coins d’ombre. »

Points de non-retour - fauteuil

La genèse de « Points de non-retour » [au Théâtre de la Colline]

De cette cérémonie ont découlé tout un tas de questions et de ces questions une recherche artistique. L’auteure s’est entourée d’une équipe multiculturelle (Roumaine, franco-algérien, ivoirien, franco-belge…). Avec eux, elle a questionné les points de bascule d’une vie, la notion d’héritage, les récits que l’on reconstitue, les blancs, les manques… A partir de ces témoignages, Alexandra Badea a créé un puzzle.

Le synopsis de « Points de non-retour » d’Alexandra Badea

Le récit commence dans les années 1970, quand, Amar, fils de tirailleur sénégalais disparu, résidant en France, rencontre Lina, originaire d’Europe de l’Est. Ils partagent la blessure de l’exil. Comme pour « A la trace » (pièce également mise en scène au théâtre de la Colline), c’est un objet – en l’occurrence une lettre – qui sera le point de départ d’une quête. Il va découvrir des bribes d’informations sur le massacre de Thiaroye. Trente ans plus tard, une nouvelle enquête, initiée par une journaliste, débute et cherche à combler les zones inconnues. Le fils d’Amar, ignorant le passé de sa famille, ne pourra plus vivre comme avant.

Le massacre de Thiaroye

En 1938, les tirailleurs sénégalais défendent la France. En 1940, la plupart sont faits prisonniers par les Allemands en France. De nombreux tirailleurs entrent dans la Résistance. Rapatriés au Sénégal, ils restent en transit au camp de Thiaroye à Dakar. L’administration coloniale ne respecte dans ses engagements de rémunération. Les tirailleurs réclament leurs droits. En réponse, l’armée coloniale rassemble les hommes et ouvre le feu sur eux. Bilan : 35 morts et 35 blessés. Les noms des victimes et l’emplacement de leur sépulture est inconnu.C’est en 2014 que François Hollande, alors Président de la République, a reconnu les faits.

Points de non-retour - point de suspension

L’intention d’Alexandra Badea

Elle s’intéresse aux recoins de l’histoire incomplète et à leurs répercussions sur la vie intime des individus. Elle travaille sur le motif du puzzle et de la pièce manquante. Trois générations se succèdent avec différents niveaux d’Histoire, ce qui est visible et invisible. Plusieurs fils narratifs s’entremêlent et jouent de flash-back et de sauts géographiques.

Il y a des dettes.

D’autres dettes.

Des dettes que l’argent ne va pas régler. – Régis

Tant qu’on ne racontera pas ces histoires avec les points d’ombre, les blessures,les suspensions, on ne construira rien ici.

 

⇨ À voir avec Rémanence des mots le dimanche 7 octobre à 16 h [Rencontre avec Alexandra Badea à 13 h suivie d’un thé/café et discussion avec le groupe] au Théâtre de la Colline pour 8 € :

Renseignements & inscriptions (Théo & Mathilde) : 06 59 73 38 36 / info@remanencedesmots.fr

À lire Article du Courrier international 

À lire À la trace, d’Alexandra Badea

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