Variations sur la séduction (4)

Variations sur la séduction (4)

Béatrice a participé au Café stylo du 13 février 2020, créé en clin d’oeil à la Saint-Valentin, mais visant à jouer avec les codes de la séduction et de l’amour dans la littérature. Béatrice nous plonge dans une étreinte sans fond, abyssale même ! 

 

 

Variations sur la séduction (4) - Egon_Schiele_-_Mann_und_Frau
Egon Schiele, L’étreinte 1917

L’Etreinte

Nous sortîmes d’un pas rapide sans savoir précisément où nous nous dirigions. Il me tira alors doucement par le bras pour m’entraîner dans une petite rue tranquille, quelque part par là. Puis il s’arrêta, se tourna vers moi et me poussa délicatement contre la porte cochère qui se trouvait dans mon dos. Il m’enlaça et m’embrassa passionnément. Je lui rendais ses baisers, de longs baisers, entrecoupés de murmures enflammés.

– Tu m’as manqué… mon soleil… tellement manqué… je rêvais de poser ma joue comme ça contre la tienne, … puis me glisser dans ton cou.

J’étais immergée dans les abysses profonds de notre désir, mais chaque fois qu’un peu d’espace se glissait ente nos lèvres, je reprenais mon souffle et le débit de mes déclarations, gonflé de tous les sentiments que je n’avais pu exprimer pendant ces dernières et interminables 24 heures.

– Tu es toujours aussi beau…. tes lèvres, … ton regard…, tes paupières,… tes mains…

Il ne me répondait pas, gardait les yeux fermés, tous ses sens semblaient concentrés sur mes lèvres. Il reculait parfois, posait ses deux mains autour de mon visage, glissait ses doigts dans mes cheveux pour les lisser vers l’arrière. Il me regardait alors d’un air grave qui semblait vouloir sonder les profondeurs de mon âme tout en étant tourné vers les secrets de la sienne. J’allais lui susurrer une autre chose, mais il écrasa sa bouche sur la mienne, introduisit sa langue dans ma bouche…

Pourquoi me contemple-t-il ainsi ? Sans un mot, seuls les soupirs… Il ne m’écoute pas, il me parle pas, … il ne me désire, mais il ne m’aime pas… J’insistai alors, je m’accrochai, entraînée par le cargo de tendresse qui voguait dans mes entrailles, – navire balloté par le flot de mes émotions –, qui ne demandait qu’à trouver un ancrage.

– Pourquoi es-tu si distant mon amant secret ? Pourquoi ce silence, ce regard si sérieux… ?

– Chut ! Laisse-toi faire…

––– Ecrit par Béatrice

Plusieurs textes nés de ce Café stylo ont été publiés...
Lire le texte d'Anaïs
Lire le texte de Nicole
Lire le texte de Kahina Kahina

 

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