La semaine perpétuelle

Vous connaissez - La semaine perpétuelle

« Peau humaine se décolle et devient le film de l’univers. » – Laura Vazquez

La semaine perpétuelle est un roman écrit par Laura Vazquez aux éditions du sous-sol en 2021. Cet ouvrage est objet un peu à part, roman mais pas totalement, poésie mais pas complètement. Loin des formes classiques, nous suivons une famille dont la mère est morte, le père est obsédé par les éponges, le fils est obsédé par faire des vidéos sur internet, la fille ne supporte pas la réalité et la grand-mère entend les clignements et les soupirs de chaque moustique. Nous retrouvons des thématiques classiques comme la vie, la mort ainsi que la place du virtuel sur le monde réel. Ce qui n’est pas classique c’est la manière des les aborder et des les faire parler.

« Le père s’agenouilla contre le mur et il frotta le mur avec l’éponge à mur. Il frotta les plinthes avec l’éponge à plinthes. Le père avait tant d’éponges dans les placards, dans les bassines, dans son évier, sur les rebords de la baignoire et dans ses poches. De toutes les couleurs, de toutes les matières. Il avait toujours une éponge à la main. Une éponge de table pour que la table brille, une éponge à poussière pour chasser la poussière, une éponge pour les choses dures, une autre pour les choses molles, une éponge vieille pour les objets cassés, une éponge nouvelle pour les objets précieux. » La semaine Perpétuelle, Laura Vazquez.

Dans le résumé de la maison d’édition du sous-sol, l’écriture de Laura Vazquez est qualifiée d’animiste. Ce qui est intéressant avec l’animisme c’est une religion pour les populations sans écritures. C’est un peu comme si ce roman donnait la voix des gens d’internet. C’est écrit dans une langue poétique et rythmée qui met en résonance ces voix.  Il y a une infinie liberté dans la langue et dans les mots choisis qui rende cette écriture très singulière et que l’on peut retrouver dans les recueils de poésie de Laura Vazquez.

La semaine perpétuelle - livre

« Une tête ne tombe pas, elle ne peut pas tomber. Elle est reliée par un fil qui descend jusqu’en bas de la personne, et si la tête tombe, le reste tombe. » La semaine Perpétuelle, Laura Vazquez.

Au-delà de la poésie c’est l’humour qui surprend dans ce livre. Ces voix qui rentrent en résonance sont celles qui peuplent nos ordinateurs et nos smartphones mais c’est avec un ton décalé et de dérision que Laura en parle.

« Bonjour à vous Bien Aimée, je vous demande une considération, car ceci va droit à cœur, Il s’agit d’une somme de 2.500.000€ en millions, que je souhaite vous offrir en DON pour la mise en ouvre d’un centre d’aide pour les personnes démunix, dans vVotre département, contactez le pseudonyme avec CREDIT CARD NUMBER. » La semaine Perpétuelle, Laura Vazquez

« Sara, Salim, c’est moi, écoutez bien ce que je vais vous dire. Vous devez savoir 10 choses. Lisez bien jusqu’au bout :

1. Pour Dieu, personne ne pue.
2. Quand vous pleurerez, il y aura toujours une guêpe pour piquer votre figure. Plus on est mal, plus on nous pique, c’est une loi.
3. Appuyez-vous sur des cannes, jamais sur des gens.
4. Chacun mouche son nez.
5. Tout ressemble à un clou quand on a un marteau dans la main.
6. Quand on a faim, le pain ne cuit pas vite.
7. Des personnes entreront dans votre vie, ensuite elles disparaîtront sans raison spéciale. Ne cherchez pas les raisons spéciales.
8. Il y aura des miracles, c’est obligatoire.
9. Pendant les inondations, il y a toujours une personne sur le toit de sa maison qui crie : Ce terrain n’était pas inondable.
10. Si vous jetez un gâteau dans la forêt, en retournant dans la forêt vous trouverez un gâteau. Donnez. »
La semaine Perpétuelle, Laura Vazquez.

Certains y verraient de l’idiotie ? J’y vois une sensible manière d’aborder nos problèmes existentiels dans un monde où le virtuel prend le pas sur le réel.

 


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