Paul Mazaud

Paul Mazaud rejoint l’équipe des animatrices et animateurs de Rémanence des mots !

Chez Paul, écrire passe volontiers par quelques détours : observer, essayer, raturer, recommencer —  jusqu’à ce que le texte trouve peu à peu ses articulations et sa forme. Il en a vu passer, des histoires : étudiées sur les bancs de la fac, empilées en manuscrits au Dilettante, encore en chantier dans une société de production ou alignées dans sa bibliothèque — par ordre de publication, évidemment. Passé par le cinéma, la création littéraire et la lecture de manuscrits, il cultive une fréquentation assidue des textes et un faible peu raisonnable pour Marcel Proust, mais sait aussi comment grimper sur les épaules des géants plutôt que de rester écrasé dessous. 

Dans ses ateliers, pas de copie à rendre ni de chef-d’œuvre exigé : le brouillon a tous les droits, surtout celui de nous emmener là où nous n’avions pas prévu d’aller.

Paul Mazaud animateur d'ateliers d'écriture


Quelle importance accordes-tu à la lecture et l’écriture dans ta vie ?

Les deux sont centrales et indissociables. Je lis de manière assez monomaniaque : si j’aborde l’œuvre d’un auteur, je dois suivre l’ordre chronologique de ses publications. Ce scrupule obsessionnel, que d’aucuns pourraient prendre pour un purisme complaisant, permet d’apprécier l’évolution du style de l’auteur, du traitement de ses thèmes de prédilection, tout son cheminement enfin.

Et chaque lecture est intéressée : je compte toujours tirer des grands auteurs — sans pour autant prétendre pouvoir les égaler — de précieux enseignements pour améliorer ma propre écriture. Car c’est un objectif constant que de la faire progresser pour exprimer de mieux en mieux, avec fidélité et poésie, ce qui m’habite et m’entoure.

À quelle fréquence, avec quels outils, dans quels lieux et avec quel état d’esprit écris-tu ?

L’assiduité varie selon les périodes. Quand je suis discipliné, j’écris au moins une heure par jour. Chez moi, sur ordinateur, ou sur un petit carnet noir qui m’accompagne quand je sors.

Sur ce dernier support, il s’agit surtout de prises de notes, d’idées et d’observations diverses à fixer rapidement. L’ordinateur est un outil de rédaction et de correction.

A quoi ressemble ton processus créatif ?

Plutôt à une expérience de laboratoire, mon processus créatif consistant en grande partie à multiplier ad nauseam les tentatives pour obtenir la formulation la plus juste, l’articulation la plus pertinente, la meilleure expression possible de la chose que je cherche à décrire, à retrouver.

Aussi ce travail est-il assez laborieux, mais si je parviens au résultat projeté, c’est une satisfaction et une joie que je ne retrouve nulle part ailleurs.

Quel est ton parcours artistique et professionnel ?

Après une licence de cinéma et un master de Recherche et Création littéraire à l’Université Paris-Saclay, j’ai travaillé en tant que lecteur de manuscrits aux éditions Le Dilettante, puis comme assistant de développement fiction au sein de Program33, une société de production audiovisuelle.

Je suis désormais lecteur indépendant pour d’autres productions, et donc animateur d’ateliers d’écriture, activité déjà pratiquée quelques années auparavant en maisons de quartier.

Un projet ?

Un projet de roman entrepris il y a quelques années, qui progresse lentement mais sûrement.

Quelle rencontre ou expérience artistique t’a particulièrement inspiré dans ton parcours ?

La lecture de Proust restera la plus déterminante de toutes. Son influence est fondamentale et infinie. Il ne faut toutefois pas trop la subir, sous peine d’être condamné à ne plus être capable que de l’imiter.

Il y a plus déshonorant, et c’est utile pour un concours de pastiches, mais tout de même assez handicapant pour la rédaction d’une œuvre personnelle.

Comment conçois-tu un atelier d’écriture ?

Comme un espace qui favorise les tentatives les plus diverses, une pratique de l’écriture libre et décomplexée, sans exigence de résultat. Il ne s’agira jamais que de brouillons, alors l’indulgence est naturellement de mise.

As-tu une méthode d’écriture ludique à partager ?

Faire la narration du dernier rêve dont on se souvient. Se raccrocher à quelques bribes suffit.

On peut tenter de combler les défaillances de notre mémoire ou en faire, au contraire, des motifs du récit. Les ambiances, curiosités, logiques absurdes et ellipses inhérentes au rêve offrent un matériau très riche, contraint à une fantaisie inhabituelle et salutaire.

Une citation à partager ?

« Eh bien ! fort éloigné d’avoir honte de ces idées, j’affirme encore aujourd’hui que, ma vie durant, mes conceptions romantiques m’ont plus rapproché de la réalité que les rares idées non romantiques que je n’ai pu accepter qu’en me faisant violence. »

La Crypte des Capucins, Joseph Roth.

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