L’Équipe Rémanence, Mathilde Pucheu

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L’Équipe Rémanence vous présente Mathilde Pucheu  !

Animatrice d’ateliers d’écriture & formatrice à Rémanence des Mots

Un parcours…
D’abord autodidacte dans le domaine de l’écriture, après des études artistiques (cinéma, théâtre), j’ai ressenti le besoin de valider mes compétences en obtenant des diplômes universitaires (DU d’écriture créative de Cergy-Pontoise & Master de Création Littéraire de Paris). J’avais pourtant déjà commencé à développer une ligne éthique et pédagogique. Le cheminement professionnel et universitaire m’a permis de délimiter davantage ces lignes. Réfléchir sur sa pratique, développer des outils et s’inscrire dans une recherche de renouvellement et de perfectionnement perpétuel est devenu une nécessité pour moi.

La lecture, une émotion !
Tout est né de mon amour pour la littérature, la lecture et l’écriture. Je ne vais pas m’attarder sur mes premiers émois avec la Bibliothèque rose et la Collection Chair de Poule, mais je reconnais que ces lectures de jeunesse ont tout autant contribué à façonner mon goût pour le récit que Corneille, Emile Zola, Flaubert ou Proust (un peu plus tard). La lecture a rapidement été accompagnée d’écriture. Il s’agissait de s’inspirer de personnages littéraires ou prolonger des narrations. Le cinéma n’était jamais loin. D’ailleurs, aujourd’hui, il représente un excellent support d’atelier pour appréhender la construction narrative et le rapport à la scène ou la situation.

Une méthode d’écriture ?
Il n’y a, selon moi, aucune méthode d’écriture. Il existe cependant des outils techniques sur lesquels s’appuyer. L’écriture repose sur les principes de la langue dans laquelle on la pratique. Cette langue comprend des codes, des normes et des règles. Chaque écrivain est libre de transgresser les règles et même de les exploser ! C’est certain. Mais il ne peut le faire que s’il connaît ces règles. Ce que je constate en atelier d’écriture, c’est que, systématiquement, les participants ont l’intuition des règles même s’ils ne savent pas les formuler. Ils ont acquis des connaissances linguistiques (parfois pointues) à l’école (sans nécessairement en avoir eu conscience) et dans leur pratique de lecture et d’écriture. Ensuite, chacun a ses limites, parce que tout le monde n’est pas expert en ponctuation, en grammaire ou en conjugaison… Peu importe, ces limites ne restreignent pas dans la créativité. Ces limites engendrent la créativité. Ce sont des contraintes artistiques. L’atelier d’écriture permet de découvrir les potentiels et les encourager.

 

Une pratique d’écriture ?
J’aime le café, je l’adore. J’aime aussi le thé. Dans ma pratique d’écriture, je suis plutôt thé. Il me faut mes temps d’infusion. Je mets des mois (voire des années) à percuter, à saisir ce que je cherche. C’est pourquoi mon projet littéraire a subi de nombreuses métamorphoses avant de se fixer sur une direction (que je n’atteindrais peut-être pas directement) et de se déployer peu à peu, pas à pas. Si l’écriture narrative questionne le rapport à la durée, à la temporalité du récit, l’espace de création s’inscrit aussi dans une temporalité particulière. Ma pratique d’écriture n’est pas solitaire, elle se nourrit des rencontres en atelier qui sont à la fois littéraires et humaines.

Comment fabrique-t-on un atelier d’écriture ?
Les ateliers d’écriture sont conçus selon une progression qui se modifie, à peine ou beaucoup, pendant l’atelier. En se basant sur des auteurs, des textes ou extraits de textes, des supports sonores, visuels, des articles, des idées fantaisistes, dramatiques… les ateliers se structurent sur une matière plus technique que chacun s’approprie dans l’expérience de la séance. J’ai un rapport très pratique à l’écriture, sans hésiter à lire des textes de théoriciens comme Roland Barthes, Mikhaïl Bakhtine, Gérard Genette, Tzvetan Todorov, Philippe Lejeune ou Thomas Pavel, mais mon but est 1/de les comprendre ; 2/de les envisager en pratique ; 3/d’en synthétiser l’essence ; 4/d’en offrir une vision pratique aux participants. On pourrait parler de « vulgarisation », c’est plutôt de la « clarification ».

Des lectures, des auteurs ?
Mes lectures ne sont pas uniquement théoriques. Cependant, je lis également un peu de philosophie parce que cela m’ouvre des perspectives narratives et thématiques multiples. J’aime la poésie de Gaston Bachelard ou celle de Georges Didi-Huberman (esthéticien de l’art), par exemple. Clément Rosset et Walter Benjamin me plaisent aussi beaucoup. En littérature, j’aime la manière dont Jean Echenoz met en lumière la littérature en elle-même à travers des narrations de genre, par exemple. La simplicité de la langue de Raymond Carver (américain) et sa captation du moment me séduisent énormément. Tchekhov, Dostoëvski et Tourguéniev (russes) reviennent souvent à moi. Edgar Hilsenrath (allemand), pour les différentes formes d’humour qu’il est capable de travailler d’un livre à l’autre. Parmi les auteurs de ma génération, j’ai un vrai coup de coeur pour Mackenzie Orcel, romancier (haïtien). Il nous plonge dans l’ahurissement ou le décalage de ses personnages avec une force incroyable. C’est un vertige de le lire.

Ma citation fétiche…
« Ecrire, c’est déjà mettre du noir sur du blanc. » — Stéphane Mallarmé
Elle représente vraiment mon approche des ateliers : on revient à ce qui est évident. On procède par étape. Ainsi, on arrivera, pas à pas, à être tenu en haleine par l’écriture, comme la lecture a su le faire sur nous !

Mathilde co-dirige Rémanence des Mots et anime :

Fictions & variations (à la carte), lundi de 19 h à 21 h
Créations de fictions (abonnement), lundi de 19 h à 21 h
Exploration linguistique (à la carte), mardi de 19 h à 21 h
Lab’d’écrivain (abonnement), mercredi de 19 h à 21 h

Portes ouvertes lundi 10 & mardi 11 septembre, sur réservation : info@remanencedesmots.fr

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