Julien Ide rejoint l’équipe des animatrices et animateurs de Rémanence des mots !
Rigueur, originalité, sens du détail et amour du brouillon : voilà quelques-uns des ingrédients qu’il glisse dans ses ateliers d’écriture.
Après avoir exploré l’écriture sous toutes ses coutures en tant que participant curieux, puis en se formation à l’animation d’ateliers d’écriture créative A à Z. Julien passe de l’autre côté pour partager à son tour le goût des saisons créatives, des pages qui tâtonnent et des idées qui prennent racine.
Quelle importance accordes-tu à la lecture et l’écriture dans ta vie ?

Une importance dissonante. J’écris beaucoup plus que je ne lis, bizarrement. Je lis peu, et, par manie, uniquement dans les langues que je sais lire (ce qui inclut l’anglais et l’espagnol). J’ai du mal à lire une traduction : traduttore, traditore comme dirait l’autre. Si je restreins mes lectures, elles n’en restent pas moins sacrées et d’une importance fondamentale dans ma vie.
Pour ce qui est de l’écriture, c’est tout le temps, partout, sur rien et tout. J’ai appris à écrire sans prétexte, et depuis, je m’amuse comme un petit fou à le faire. La contrepartie, c’est que je ne sais plus faire sans : mes poches sont encombrées de micro-carnets et revers de ticket de caisse griffonnés.
À quelle fréquence, avec quels outils, dans quels lieux et avec quel état d’esprit écris-tu ?
J’écris tous les jours, au moins deux-cent-soixante-dix mots. Deux-cent-soixante-dix mots, c’est en principe un texte qui se récite en deux minutes, peu ou prou. Et c’est aussi le nombre de mots qui rentre dans une page de carnet, à peu près. Donc, environ une page par jour.
Pour mon écriture quotidienne « gymnastique », j’écris sur mon téléphone, dans les transports, par manque de temps et de place. Quand j’ai le bonheur de me poser, je noircis une page de mes multiples carnets Leuchtturm1917 ou bien, les jours fastes, dans un Moleskine. Quand je travaille un texte dont je sais ou bien souhaite qu’il se déploie au delà des deux-cent-soixante-dix mots quotidiens, alors je travaille sur mon ordinateur.
Ton processus créatif ressemble-t-il plutôt à un bal masqué, un road trip improvisé ou une expérience de laboratoire ?
J’avais envie de répondre que cela dépend de mon humeur, en fait, plutôt de la saison. L’été et l’automne, je suis beaucoup dehors alors ça ressemble davantage à un road trip influencé par ce que je vois et j’entends, dans la rue et au café surtout. L’hiver et le printemps, je suis davantage chez moi et je planifie mon écriture un peu plus : j’expérimente en conscience. Le bal masqué, je garde cela pour les (rares) soirs d’ivresse.
Quel est ton parcours artistique et professionnel ?
J’ai fait mon premier atelier d’écriture avec Théo Pucheu, en 2021. Avant ça, j’écrivais pour moi, quelques copains et mon père. Puis, après une première formation d’historien médiéviste, j’ai suivi le master Recherche & Création Littéraire de l’Université Versailles-Saint-Quentin-En-Yvelines. C’est là bas que je suis passé de l’autre côté de la force et que j’ai commencé à animer des ateliers d’écriture pour des associations, des entreprises, des scolaires et enfin Rémanence.
Pour ce qui est du côté artistique, des fragments et des bouts de romans, rien de concret et une certaine fierté de ce côté là : la monumentalite, ou le fléau de vouloir rédiger une grande oeuvre à tout prix, nuit à celui qui aime écrire et peut tuer ceux qui s’y attèlent (cf. Balzac).
Quelle rencontre ou expérience artistique t’a particulièrement inspirée dans ton parcours ?
Mon premier atelier avec Théo Pucheu qui m’a fait comprendre qu’écrire, c’était aussi une expérience collective, et par lequel tout a commencé : j’ai changé mon rapport à l’écriture et j’ai souhaité en faire d’une manière ou d’une autre mon métier. J’ai eu la chance de rencontrer l’écrivain Jean-Benoit Puech avec mon master. Ses conseils et sa vision de l’écriture comme processus a débloqué pas mal de choses dans ma manière d’appréhender un texte. Quand je fais un retour sur un texte, je reviens toujours un peu mentalement sur ceux que m’a fait M. Puech.
As-tu une méthode ludique ou un exercice d’écriture à partager ?
Prendre une phrase au hasard dans le premier roman sous la main, et à partir de cette phrase, faire son texte. C’est libérateur, et à moindre frais on peut se débloquer pour écrire de chouettes textes. Sinon, accepter que les textes soient le plus souvent courts et orphelins : les peintres accumulent les esquisses et nous, les brouillons, il faut l’accepter ! C’est une force.
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