L’Équipe Rémanence, Élise Goldberg

Quel est ton parcours de formation (pas uniquement ciblé ateliers d’écriture) ?

J’ai commencé par une prépa littéraire (hypokhâgne et khâgne) puis ai choisi des études d’histoire. J’ai opté pour une spécialisation en édition (DESS, ex-master 2) après m’être découvert un très fort intérêt pour la réécriture et la correction. Mes amis me sollicitaient volontiers pour relire leurs travaux (mémoires de fin d’études…) et apporter la dernière main afin de permettre à leur texte de gagner en qualité, en efficacité. J’ai travaillé plusieurs années comme secrétaire d’édition ou correctrice. En formation continue, j’ai également obtenu le certificat Voltaire niveau expert, qui valide un haut niveau de maîtrise de la langue.

L'Équipe Rémanence Élise - Goldberg
© Just Photographie

J’ai suivi des ateliers d’écriture à des époques différentes, l’un via la Ville de Paris, qui explorait toutes les écritures possibles, l’autre spécifiquement consacré au roman avec Laure Pécher de l’agence Astier-Pécher. En 2018, j’ai suivi deux ateliers d’écriture dans le cadre du master de création littéraire de Paris 8 dont j’entame actuellement la seconde année. 

Ces différents ateliers m’ont permis de constater à quel point il était stimulant et formateur d’écrire en un temps donné à partir d’un déclencheur, en particulier dans le cadre d’un groupe où l’on confronte son écriture au regard (bienveillant) des autres.

Qu’est-ce qui t’a menée aux ateliers d’écriture ?

Les ateliers d’écriture, précisément ! A force d’y participer, de profiter de l’aspect ludique de cette activité et de sa capacité à faire progresser, j’ai eu envie d’en encadrer moi aussi, de faire partager ce plaisir et de faire bénéficier les participants des conseils dont j’avais moi-même tiré profit et des observations que j’avais pu faire durant ces années. 

J’aime aussi beaucoup l’aspect convivial de l’atelier. L’écriture n’est pas une activité comme les autres, c’est un peu magique, il se passe souvent quelque chose d’intéressant et d’authentique entre les participants.

Quelle est ta définition d’un atelier d’écriture ?

A mes yeux, un atelier d’écriture est un moment privilégié, une parenthèse inspirée dans les contraintes du quotidien. Dans ces quelques heures où l’on est face à son écran ou sa page, on écrit à partir d’un thème lié aux techniques d’écriture et d’une proposition. Le thème permet de se familiariser avec un aspect technique de l’écriture (construction, description, sonorités, dialogues, etc.). A l’issue de l’atelier, on a souvent appris quelque chose qui nous a fait progresser dans notre maîtrise de cette thématique. La proposition est un combustible pour l’imaginaire. Début de phrase, combinaison de mots… Elle permet d’inventer et d’y prendre plaisir. 

C’est aussi un lieu où l’on « publie » ce que l’on a écrit, au sens où on le fait connaître au reste du groupe. Savoir que l’on va lire son texte permet de se le représenter comme un objet fini, détaché de soi, et, partant, stimule. Surtout une fois qu’on a compris que la bienveillance est au rendez-vous. Ce qui n’empêche pas les remarques constructives ! 

C’est enfin un lieu où l’on découvre d’autres types d’écriture, ceux du reste du groupe, qui sont aussi une source d’enrichissement. Il est toujours intéressant de voir comment les autres participants se sont débrouillés avec la même contrainte que la sienne en créant un texte complètement différent ! On engrange des idées, d’autres façons de faire. 

L’atelier d’écriture enfin doit être, et c’est important, un lieu de respect : les retours sur les textes sont bienveillants, constructifs.

A quoi sert un atelier d’écriture ?

A s’amuser ! A se découvrir bien plus imaginatif qu’on le pensait. A pratiquer, car l’écriture est à mes yeux comme un muscle : plus on le sollicite, plus il se développe, se tonifie. Et à progresser dans l’écriture. 

Des conseils pour développer son potentiel d’écriture ?

Ecrire, notamment avec une contrainte, pour sortir de ses propres sentiers que l’on a tendance à battre et à rebattre. Pratiquer la lecture active de romans, récits, poésies, contes…, c’est-à-dire ce qui nous plaît, nous inspire (romans d’aventure, thrillers, romans psychologiques, poésie, etc.), mais observant, voire en notant. Comment est bâti ce récit ? Comment l’auteur a-t-il réussi à me surprendre à ce moment-là de sa narration ? Les phrases sont-elles longues, courtes… et quel effet cela produit-il sur moi ? Etc.

Lire des livres d’écrivains sur leur métier. Non seulement on y récolte bien des conseils sur l’art d’écrire, mais ils « désintimident » aussi face à la pratique de l’écriture et encouragent. On s’aperçoit du nombre de retouches qu’ont nécessité les œuvres les plus brillantes. On n’a pas écrit un texte génial du premier jet ? Eh bien, eux non plus.

Enfin, tenir un journal, sans en exiger de qualités littéraires. Ecrire ce qui nous passe par la tête, nous tracasse, nous inspire… pour demeurer au plus près de soi car l’écriture à mes yeux a aussi à voir avec le fait d’être centré.

Comment entraînes-tu l’écriture ?

En écrivant… et en participant moi aussi à des ateliers d’écriture ! Je tiens également un journal de bord dont je me sers comme d’un « ami imaginaire ». Quand je n’avance pas, je procède par questions-réponses dans mon carnet, ou fais des brainstormings personnels qui m’aident à identifier ce qui bloque et m’aident à y remédier. Ça me permet aussi de trouver des idées.

As-tu des créations en cours, des projets ?

J’écris un roman où la narratrice est visitée par le fantôme de son grand-père. Ce spectre familier vient avec une requête étrange : il demande à sa petite-fille de cuisiner pour lui. Son irruption va la bousculer et l’obliger à sortir des limites de son existence étriquée.

Je tiens aussi un blog (un peu délaissé ces derniers temps) sur l’histoire de mon grand-père, où je raconte son périple en URSS pendant la guerre et où je fais part de la manière dont je mène mes recherches pour en savoir plus sur ce périple. C’est en partie de ce blog qu’est née l’idée de mon roman en cours. 

Des conseils de lecture ?

Lettres à un jeune romancierde Mario Vargas Llosa

Several short sentences about writingde Verlyn Klinkenborg (en anglais mais les conseils valent pour n’importe quelle langue et il est assez accessible)

Inventer sa phrasede Hédi Kaddour

Libérez votre créativité de Julia Cameron (ce ne sont pas des techniques d’écriture, plutôt un art de vivre inspirant pour les écrivains, les artistes… Le titre ne rend pas hommage aux qualités de ce livre) !

Vois-tu des liens entre la littérature et les autres arts ?

Dans tous les arts, il est question de créativité et de travail, d’assiduité. Celui qui m’est le plus familier, outre la littérature, est le cinéma. Je pense qu’il y a de nombreux points communs entre les deux arts. Flashback, flashforward, ellipse, suspense, tension narrative… sont des techniques ou des aspects auxquels recourent la littérature comme le cinéma. C’est ainsi que l’utilisation ingénieuse de ces différents procédés dans un film peut donner des idées pour le roman que l’on est en train d’écrire, par exemple.

De manière générale, je trouve toujours très inspirant d’entendre un artiste parler de la manière dont il travaille, raconter par exemple comment il a réussi à sortir d’une ornière dans laquelle il a pu se trouver engagé à un moment et trouvé une solution. Et ce, quel que soit son domaine. 

Une citation d’auteur ?

« Ecris la phrase la plus vraie que tu connaisses. »

Ernest Hemingway

Élise anime :

Fictions & variations (à la carte), lundi de 19 h à 21 h
Lab’D (abonnement), jeudi de 19 h à 21 h
Écritures de soi (à la carte), mardi de 19 h à 21 h

Pour plus d’informations contactez-nous à : info@remanencedesmots.fr

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