- Les règles de la poésie
- L’influence du hasard
- Poésie et arts-plastiques
- La voix des poètes
- Tour du monde de la poésie
- Outils pour l’écriture de poésie
- Les dispositifs pour écrire de la poésie

En France, l’histoire de la poésie suit les mouvements culturels, politiques et sociaux de chaque époque. La poésie est un genre littéraire aux définitions infinies, tant les démarches et les fonctions peuvent varier. Définir la poésie serait la limiter. Or, elle est sans limite. Pour autant, nous proposons deux axes d’approche de cette pratique artistique pour éviter tout malentendu :
- Le sens, le son et l’image mentale.
- La forme (typographie, graphisme et arts visuels).
La poésie dialogue en permanence avec d’autres arts (arts-plastiques, théâtre, performance, musique, danse). Et, parfois, elle s’infiltre dans d’autres arts (vidéo-poèmes) ou d’autres genres de la littérature comme le roman, à travers une composition rythmique (prosodie). Cela signifie qu’on la côtoie parfois sans la remarquer.
A l’image des Détours poétiques proposés par Sébastien Souchon au sein de Rémanence des mots, nous nous autoriserons quelques détours avant de vous donner des pistes pour créer vos propres poèmes.
Les règles de la poésie
Vous souhaitez apprendre les règles de la poésie ? Déréglons un peu vos idées reçues. A Rémanence des mots, on s’interroge… existe-t-il une poésie, revendiquée poésie, qui n’en est pas une ? Considération compliquée, formulation alambiquée. Reprenons. Ce que l’on nomme aisément poésie qui prend une forme versifiée et rimée, aujourd’hui, est-ce de la poésie parce qu’on l’a décrété et qu’on reprend les procédés d’autrefois ? Franchement, on va – une fois n’est pas coutume – vous donner une réponse sans nuance : NON.

Cette réponse affecte-t-elle votre rapport à la poésie ? Oui, parce que vous les aimez bien vos alexandrins qui parlent d’amour à travers des symboles cryptés. La poésie, si elle n’est qu’une expression des sentiments sans autre recherche artistique de communication, elle prend le très grand risque du cliché. Le cliché c’est (en gros) un épuisement de la langue qui s’incarne par un usage de mots et d’expressions (« le cœur battant », « le regard vague »…). Si vous nous rappelez que la lune brille avec vos métaphores, vous charriez un lieu commun. La poésie est un espace d’invention incroyable dont la réception peut, en effet, échapper aux poètes. Au point que certaines formules de Victor Hugo ont été tellement marquantes qu’elles ont basculé au rang de lieu commun. Imiter Victor Hugo est un risque, inventer : la porte de sortie !
Pas de panique, ce n’est pas de votre talent dont on parle, mais des multiples potentialités de la poésie. A vous de vous en saisir ! Elle peut vous permettre d’interroger le lieu commun ou de le fuir. En atelier d’écriture créative, Rémanence des mots (Ateliers à la carte Poésie, Lab’poésie contemporaine, ou week-end Détours poétiques), c’est à travers l’expérimentation, que vous élaborez des stratégies et inventez votre langage poétique, qui sera certes différent de celui de Victor Hugo, Lamartine ou Baudelaire, mais qui pourra aussi leur rendre hommage.
Que dit Paul Valéry de la poésie ?
« La poésie c’est cette hésitation prolongée entre le son et le sens. » – Paul Valéry

Pour Paul Valéry, influencé par l’approche de Stéphane Mallarmé dont Le coup de dé jamais n’abolira le hasard a posé une empreinte sur la littérature mondiale, la forme et le fond cohabitent à égalité. Il estime que l’écriture de la poésie contredit l’idée de spontanéité et répond à la nécessité d’organiser, composer en mettant la pensée en route.
Mallarmé et le coup du dé
Poète français symboliste, Stéphane Mallarmé, s’est éloigné de la poésie traditionnelle et a cherché à revenir à l’origine sonore du langage en s’attardant sur la sonorité des mots et la structure rythmique. Il n’excluait pas, cependant, l’aspect graphique de la poésie. Il aspirait à créer un « Livre Total« , une œuvre qui fusionnerait poésie, typographie et illustration pour offrir une expérience esthétique complète. Son exploration de la mise en page et de la présentation visuelle du texte a encouragé des expérimentations plus tardives dans le domaine de la poésie visuelle et concrète.
En outre, « Un coup de dés jamais n’abolira le hasard » est l’une des œuvres les plus célèbres de Mallarmé, publiée posthume en 1897. Cette œuvre marque un tournant dans la création poétique moderne, en raison de sa présentation typographique inédite. Le poème est disposé sur la page de manière à évoquer des vagues, des éclats ou des constellations, avec des mots isolés ou partiellement cachés.
Le poète, pour Mallarmé, devrait « Tout reprendre à la musique », « Peindre non la chose, mais l’effet qu’elle produit », et « Laisser l’initiative aux mots », selon l’interprétation de la maison Mallarmé.
L’influence du hasard

A l’époque de la publication, la réception d’ »Un coup de Dés » a été mitigée. Cependant, au fil du temps, cette œuvre est devenue l’emblème de l’expérimentation formelle dans la poésie moderne.
La poésie visuelle du poète tchèque Eduard Ovčáček utilise la typographie et les caractères mobiles d’imprimerie. Mallarmé et Marinetti ont, notamment, eu une influence sur sa création. Marinetti (poète italien), fondateur du futurisme a théorisé un vers libre dynamique, entièrement tourné vers le monde moderne, la machine, la vitesse (cf. Mots en liberté). Eduard Ovčáček exploite toutes les potentialités plastiques et expressives de la typographie dans une démarche étroitement liée au lettrisme et à la poésie concrète.
Le dadaïsme et le surréalisme ont ainsi puisé leurs influences pour déployer une poésie visuelle, à la frontière des arts-plastiques. Des écrivains tels que T.S. Eliot, Ezra Pound et les poètes du mouvement lettriste ont aussi nourri leur démarche en s’inspirant d’« Un coup de dé ».

En revenant à l’aspect graphique de la lettre et aux signes de ponctuation, tout en prenant en compte la matrice de la ponctuation : le blanc, l’espace, Stéphane Mallarmé a peut-être rétabli l’aspect plastique de la pratique d’écriture, inspirant la poésie moderne et contemporaine. En japonais, un seul mot désigne « écrire » et « dessiner », comment abordons-nous notre rapport au langage en lettres latines ? Ainsi, « Un coup de Dés jamais n’abolira le Hasard » a été un catalyseur majeur dans la redéfinition de la poésie et a laissé un héritage durable dans le paysage littéraire du 20e siècle.
Poésie et arts-plastiques
L’association de la poésie et des arts-plastiques est assez courante et engendre des œuvres multiples. Voici un aperçu des possibilités poétiques :
1. Calligrammes :

Les calligrammes sont des poèmes visuels où la disposition des mots forme une image en lien avec le thème du poème. Cette forme artistique a été popularisée par le poète français Guillaume Apollinaire au début du 20e siècle. Les mots sont arrangés de manière à représenter graphiquement le contenu du poème.
2. Poésie Visuelle :
La poésie visuelle explore la dimension graphique du langage, utilisant des éléments visuels tels que la typographie, la mise en page et la couleur pour renforcer le sens du poème. Des poètes contemporains expérimentent avec la forme visuelle de leurs œuvres pour créer une expérience esthétique.
3. Livres d’Artistes :
Les livres d’artistes combinent la poésie et les arts visuels dans un format de livre. Les poèmes sont souvent accompagnés d’illustrations, de collages ou d’autres formes artistiques. Ces livres offrent une expérience où le texte et l’image se complètent.
4. Poésie Sonore :
La poésie sonore intègre des éléments sonores à la poésie, souvent accompagnée de musique ou d’effets sonores. Certains artistes étendent cette démarche en associant des composants visuels, tels que des vidéos ou des installations, pour créer une expérience multisensorielle. Parmi eux, nous comptons Henri Chopin.
5. Collages Poétiques :

Les collages poétiques combinent des fragments de textes poétiques avec des images pour créer des œuvres visuelles évocatrices. Les artistes peuvent découper et réarranger des mots ou des phrases pour former des compositions qui transcendent la poésie et l’art plastique. Le Cut Up pratiqué par la Beat Generation a engendré des textes narratifs et poétiques et rejoint une démarche aléatoire où les accidents sont valorisés.
6. Poésie Spatiale :
La poésie spatiale se concentre sur la disposition physique des mots dans l’espace. Elle peut prendre la forme d’installations artistiques où les visiteurs interagissent avec les mots et les phrases disposés de manière créative dans un environnement tridimensionnel.
7. Art Performance Poétique :

Les performances artistiques poétiques combinent l’expression poétique avec des éléments visuels et performatifs. Les poètes peuvent utiliser des gestes, des mouvements, des décors et des projections visuelles pour renforcer leur message poétique.
8. Poésie Cinétique :
La poésie cinétique utilise des éléments visuels en mouvement pour accompagner le langage poétique. Elle peut impliquer des animations, des vidéos ou des installations interactives qui donnent une dimension visuelle dynamique à la poésie.
Ces démarches artistiques mêlant poésie et arts plastiques témoignent de la manière dont les artistes explorent et enrichissent la relation entre le langage et l’image. Elles offrent des expériences artistiques multidimensionnelles, encourageant une réflexion approfondie et une réception esthétique simultanée. Comment la poésie moderne et contemporaine s’en est-elle emparé ?
La voix des poètes
Ghérasim Luca
Parmi les poètes marquants, nous comptons Ghérasim Luca (1913-1994) – poète d’origine roumaine – qui s’est éloigné du surréalisme en développant une nouvelle approche de l’écriture automatique et de l’exploration de la sonorité des mots. Il cherchait à déconstruire et reconstruire le langage. Pour y parvenir, il a développé des techniques d’écriture automatique et a exploité la musicalité des mots. Précurseur de la poésie orale, Ghérasim Luca a développé des performances qui impliquaient souvent des gestes, fusionnant langage et corps.

Le poète était également sensible à l’objet-livre et a mené des projets conjointement avec des artistes-plasticiens comme Max Ernst, Victor Brauner, de Wifredo Lam et Jacques Hérold. D’ailleurs, il a lui-même pratiqué l’art combinatoire de l’œuvre d’art en formant des puzzle appelés « cubomanies » qui découpent et recollent des œuvres d’art du passé, de Léonard de Vinci, les frères Van Eyck, Le Caravage ou Ingres.
Recette de la cubomanie :

« … choisissez trois chaises, deux chapeaux, quelques pierres et parapluies, plusieurs arbres, trois femmes nues, cinq très bien habillées, soixante hommes, quelques maisons, des voitures de toutes les époques, des gants, des télescopes, etc.
Coupez tout en petits morceaux (par exemple 6/6 cm.) et mélangez bien dans une grande place de la ville. Reconstituez d’après les lois du hasard ou de votre caprice et vous obtiendrez un paysage, un objet ou une très belle femme inconnus ou reconnus, la femme ou le paysage de vos désirs. » (Présentation de graphies colorées, de cubomanies et d’objets, Luca/Trost)
Ce jeu de collages ou Cut-Up, préfigure la remise en question des structures grammaticales et sémantiques favorisant la libération du langage et de ses contraintes conventionnelles. C’est de cette manière qu’il s’est démarqué et que (notamment) Gilles Deleuze et Félix Guattari ont salué son art du « bégaiement ».
La mort, la mort folle, la morphologie de la méta, de la métamort, de la métamorphose ou la vie, la vie vit, la vie-vice, la vivisection de la vie étonne étonne et et et est un nom, un nombre de chaises, un nombre de 16 aubes et jets, de 16 objets contre, contre la, contre la mort ou, pour mieux dire, pour la mort de la mort ou pour contre, contre, contrôlez-la, oui c’est mon avis, contre la, tout contre la vie sept, c’est à, c’est à dire pour, pour une vie dans vidant, vidant, dans le vidant vide et vidé, la vie dans, dans, pour une vie dans la vie – Ghérasim Luca

Ghérasim Luca utilise des procédés littéraires relevant de la figure de style comme l’homophonie qui décline un bégaiement, combinaisons, la répétition (ou symploque) dans Zéro coup de feu ; la répétition du vers suivant (La forêt), etc. Les jeux sur le langage de Luca ne sont pas sans évoquer les accidents verbaux comme le lapsus. Les néologismes (hapax précisément car on ne les retrouve pas ensuite dans le langage commun) consistent à changer la fonction d’un mot. Il questionne la polysémie des mots, mais aussi leurs multiples origines ou effets sonores.
La voie lactée
L’atome, la tomate, une simple tomate sur une tige en rage atomique […] on peut de nouveau bru brûler au vol, au volcan où le père, perpétuellement à l’affût d’une canne, fut à jamais tué d’un coup d’aile […]
il arrache la hache
de la « pure lâcheté »
et comme il a hâte
et le sens de l’ange du « danger »
d’un coup
coupe le cou de « tout à coup »
La démarche artistique de Ghérasim Luca est profondément marquée par l’expérimentation linguistique, menant à une rébellion contre les normes poétiques établies et une recherche constante de nouvelles formes d’expression. C’est vivifiant, non ?
Christophe Tarkos
Christophe Tarkos (1963-2004) était un poète français contemporain, reconnu pour sa démarche artistique innovante et son utilisation audacieuse du langage. Le poète a privilégié un langage simple, direct et inspiré du langage parlé. Il a utilisé des éléments du quotidien pour créer une poésie accessible qui capturait la vie contemporaine et les interactions humaines. Ses performances impliquaient souvent des gestes, des mouvements corporels et une attention particulière à la voix en tant que moyen d’expression poétique. Son approche déconstructive du langage consiste à fragmenter les mots et les phrases pour remettre en question les structures traditionnelles du discours.
Le sentiment de maintenant, maintenant a un sentiment, le sentiment de maintenant est descriptible, le sentiment de maintenant est le sentiment de la tranquillité et de l’intranquillité, je suis dans le sentiment, je n’ai pas d’autres attaches, mon attache est ce sentiment de maintenant, fait de souplesse, fait d’assouplissements, fait d’os de côtes, de cages thoraciques, je respire le sentiment de maintenant, je n’ai rien d’autre à respirer, je suis installé dans le sentiment, rien ne pourrait m’en détacher, le sentiment n’est pas agréable et je le respire, il verse, je me verse, je suis versé dans le sentiment, j’y suis tranquillement installé, j’y suis inquiet, il ne me donne pas de quiétude, j’y suis solidement attaché, je ne pourrais pas m’attacher à un autre sentiment…
– Le petit bidon, Christophe Tarkos
Nathalie Quintane
Nathalie Quintane, née en 1964, est une poétesse, écrivaine et performeuse française contemporaine. Elle porte une attention particulière aux questions sociales, politiques et féministes. Ses poèmes abordent la lutte des classes, les inégalités sociales, le féminisme, etc. Elle utilise un langage poétique expérimental et joue avec les mots et les structures narratives pour questionner, notamment, les stéréotypes. Elle remet en question les conventions linguistiques pour créer des poèmes qui reflètent une forme d’urgence. Elle s’intéresse à la poésie de la réalité ordinaire pour explorer la banalité et la complexité du quotidien. C’est un moyen de souligner la beauté et la tragédie des détails ordinaires.
Que de détours pour aborder la fabrique poétique ! Ce sont des repères pour s’autoriser des possibilités infinies qui s’affranchissent des normes linguistiques, métriques et sémantiques. Mais faisons un petit tour du monde des formes poétiques avant de déployer les outils techniques pour rédiger des poèmes.
Tour du monde de la poésie
Japon – Haïku :
Le haïku est une forme de poésie traditionnelle japonaise caractérisée par sa brièveté et sa simplicité. Il se compose généralement de trois vers, suivant une structure syllabique de 5-7-5. Les haïkus capturent souvent des moments de la nature, mettant l’accent sur l’observation minutieuse et la contemplation, dans une brève séquence de temps mettant en relief l’éphémère face à l’immuable.
Monde arabe – Qasida :
La qasida est une forme poétique arabe classique, souvent longue et composée de plusieurs strophes. Elle exprime souvent des éloges, des louanges ou des lamentations. La qasida est caractérisée par un langage raffiné et des motifs littéraires complexes.
Inde – Ghazal :
La ghazal est une forme poétique d’origine arabe qui a été développée en Inde et dans le monde perse. Elle se compose de vers indépendants, souvent liés par un thème ou une émotion. Les ghazals explorent fréquemment les thèmes de l’amour, de la mélancolie et de la spiritualité.
Chine – Shi :
La poésie chinoise traditionnelle, souvent appelée shi, a une longue histoire. Les poèmes chinois peuvent varier en longueur et en style, mais de nombreux classiques sont caractérisés par l’utilisation de formes métriques et de structures poétiques spécifiques. La nature, les saisons et la philosophie sont des thèmes courants.
Afrique – Griot et Poésie Orale :

Dans de nombreuses cultures africaines, la poésie est souvent transmise oralement par des griots, des conteurs traditionnels. Les poèmes oraux sont souvent liés à la musique, à la danse et à la narration épique. Ces formes poétiques participent à la transmission de l’histoire et la culture.
Amérique latine – Nueva Canción :
La Nueva Canción, ou Nouvelle Chanson, est un mouvement artistique et musical d’Amérique latine qui mêle poésie, musique et engagement social et politique. Les paroles de ces chansons reflètent les réalités sociales et les luttes politiques de la région.
Russie – Poésie Épique :
La Russie a une riche tradition de poésie épique, notamment représentée par des œuvres comme « Le Dit de la campagne d’Igor ». Ces poèmes sont souvent narratifs, décrivant des événements historiques et des exploits héroïques.
Îles du Pacifique – Chant Lyrique :
Dans de nombreuses cultures du Pacifique, la poésie est souvent exprimée à travers le chant lyrique. Ces chants mettent en valeur le lien entre la nature, la communauté et la spiritualité.
États-Unis – Slam Poetry :
Le slam poetry est une forme contemporaine de poésie performative originaire des États-Unis. Les poètes slam s’expriment sur des sujets personnels, sociaux ou politiques devant un public. L’accent est mis sur la performance, la voix et l’interaction avec l’audience.
La littérature de cordel

La littérature de cordel, également connue sous le nom de « folhetos » au Brésil, est une forme de littérature populaire, dans la tradition des troubadours médiévaux. Le terme « cordel » signifie littéralement « corde » en portugais, faisant référence aux pamphlets suspendus à des cordes pour la vente dans les marchés ou les foires. Cette forme de littérature est souvent imprimée à bas coût et vendue à un public populaire.
Les livrets de cordel sont généralement de petits livres imprimés en couleurs, avec des illustrations saisissantes. Ils sont accrochés sur des cordes pour la vente dans des lieux publics tels que les marchés. La plupart des cordelistes (auteurs de cordel) utilisent une versification rimée pour rendre leurs récits plus musicaux. Le langage est souvent simple et direct, facilitant la compréhension par un public diversifié. En effet, elle a longtemps été une source d’éducation informelle pour les communautés rurales.

Cependant, avant même d’être imprimée, la littérature de cordel était récitée oralement par des troubadours appelés « cordelistes ». La tradition orale persiste, et de nombreux cordelistes continuent de partager leurs histoires de manière orale lors de foires et de festivals. La création, la conception et la mise en relation de la poésie avec son public peuvent être réfléchies à chaque étape et induire des choix formels ou des dispositifs.
Outils pour l’écriture de poésie

Écrire de la poésie est un processus créatif relevant du laboratoire d’expériences. Il n’y a pas de règles strictes, mais il existe plusieurs procédés et techniques. Et vous, comment allez-vous manipuler votre matériau artistique ?
Imagerie et Métaphore : Utiliser des images sensorielles et des métaphores pour créer des représentations évocatrices.
Son & Rythme : Jouer avec le son et le rythme pour créer une musicalité dans le poème.
Répétition : Utiliser la répétition de mots, de phrases ou de motifs pour renforcer un sentiment, créer un rythme ou souligner des idées importantes.
Sens des Mots : Exploiter les multiples significations des mots (polysémie) et jouer avec leur sonorité pour créer des jeux de mots et des double-sens.
Syntaxe et Structure : Expérimenter avec la syntaxe et la structure des vers pour créer des effets stylistiques. La disposition des mots sur la page peut également avoir un effet visuel sur la réception du poème.
Les dispositifs pour écrire de la poésie

Comment écrire de la poésie ? Il faut bien un point de départ ! Voici quelques déclencheurs qui engagent formellement et stimulent la création.
Écriture Automatique : Laisser les mots couler librement sans censure ni réflexion préalable. Cette technique, souvent associée au surréalisme, encourage l’exploration spontanée de l’inconscient. Comment trouver de la spontanéité dans l’écriture ? En se mettant en condition grâce à une substance (légale de préférence et pas à outrance car notre discours est moral, évidemment), un état de méditation ou une tension menée par un chronomètre ou un défi (le collectif aide bien et on ne recommande pas les sectes, plutôt Cercle des poètes disparus ou atelier d’écriture…)
Contraintes Formelles : Se fixer des contraintes formelles, comme écrire en utilisant un nombre précis de mots (des mots avec un certain nombre de syllabes ou inscrits dans un champ lexical restreint, par exemple) ou en respectant un schéma spécifique. Ces limitations éveillent la créativité.

Association Libre : Explorer des associations d’idées apparemment disparates pour créer des images poétiques originales. Cette technique peut donner naissance à des métaphores inattendues.
Écriture collaborative : Travailler avec d’autres poètes pour créer des œuvres collaboratives. Cette approche peut apporter une diversité de voix et d’idées au processus créatif.
Écrire à partir de l’observation : Observer le monde qui nous entoure et capturer les détails en suivant des classifications.
L’écriture de la poésie est une aventure exploratoire où l’expérimentation est cruciale. La réécriture, l’agencement, la composition, l’effacement permettent de façonner les poèmes avant de les rendre publics ! Ca vaut le détour, non ?
- Participer à un atelier d’écriture Poésie à la carte ?
- La poésie c’est quoi ?
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